Faible gouvernance
Les zones de faible gouvernance sont des environnements d’investissement dans lesquels les acteurs du secteur public ne peuvent pas ou ne veulent pas assumer leurs rôles et responsabilités en matière de protection des droits, de fourniture de services essentiels, de services publics et de garantie d’une gestion efficace et efficiente du secteur public. Ces défaillances des pouvoirs publics conduisent à des faillites plus larges des institutions politiques, économiques et civiques, désignées sous l'expression « faible gouvernance ».
OCDE, 2006

La faible gouvernance est un facteur de risques de catastrophe lié à de nombreux autres facteurs de risques tels que la pauvreté et les inégalités, les projets de développement urbain sans planification adéquate et un développement économique mondialisé. Pour réduire au maximum les risques de catastrophe, il est essentiel d’adopter une approche systémique intégrée de la gouvernance, caractérisée par une forte coordination entre les différents secteurs et une répartition des responsabilités au niveau local.
La gouvernance désigne les différentes approches des gouvernements, du secteur privé et, en général, de tous les individus et institutions d’une société pour s’organiser et gérer leurs affaires communes.
La gouvernance des risques fait référence aux différentes manières dont de nombreuses personnes et institutions – aussi bien du secteur public que du secteur privé – gèrent les risques dans des contextes incertains, complexes et/ou ambigus.

Source : bilan mondial 2019 sur la réduction des risques de catastrophe
La gouvernance des risques de catastrophe renvoie aux dispositions spécifiques que les sociétés mettent en place pour gérer leurs risques de catastrophe dans un contexte plus large de gouvernance des risques. Cela traduit la manière dont les risques sont pris en compte dans un contexte de préoccupations sociales et économiques plus vastes. Par exemple, l’adoption et l’application des normes de construction parasismique par un pays reflètent à la fois l’importance accordée à la sécurité des bâtiments pour son développement économique et le bien-être social de sa population, et la nécessité d’avoir en place des mesures de protection contre les risques de tremblement de terre.
Les faiblesses dans la manière dont les gouvernements, le secteur privé et les institutions publiques assument leurs fonctions de base dans un pays sont étroitement liées aux déficiences en matière de développement et de gestion des risques de catastrophe. Les risques de catastrophe se concentrent de manière disproportionnée dans les pays à faible revenu et à faible gouvernance. Pour faire face aux risques de catastrophe, il faut non seulement s’attaquer à leurs facteurs sous-jacents afin d’éviter la création et l’accumulation des risques, mais aussi renforcer leur gouvernance pour y parvenir. Les risques liés aux catastrophes et aux changements climatiques dans le cadre du développement ne doivent pas être abordés par un seul secteur spécialisé et autonome, mais par le biais de dispositifs de gouvernance renforcés et coordonnés à travers les secteurs et les territoires. Voir un article connexe surle parcours du Bangladesh, 50 années durant, vers la résilience climatique.
Dans la plupart des pays, les dispositions existantes en matière de gouvernance des risques sont insuffisantes ; une réforme s’avère donc indispensable pour réduire les risques de catastrophe.
UNDRR, 2011
La réduction des risques de catastrophe a été essentiellement comprise et mise en pratique comme une gestion des catastrophes. Pour un certain nombre de raisons, notamment le manque d’intégration dans les programmes de développement, cette approche n'a pas permis d'atteindre l’objectif d'action publique en matière de réduction des risques de catastrophe. https://www.youtube.com/embed/vi09dOlhe6I
La forte détermination politique requise par le Cadre d’action de Hyogo pour promouvoir et intégrer la réduction des risques de catastrophe dans les programmes de développement s’est rarement concrétisée.
UNDRR, 2015a
La priorité d’action numéro 1 du Cadre d’action de Hyogo appelle à l’intégration de la réduction des risques de catastrophe dans les stratégies de réduction de la pauvreté et autres stratégies de développement, sur la base d'une forte détermination politique de la part des gouvernements. Malheureusement, nombre de ces engagements juridiques et politiques ne se sont pas traduits par des priorités et des investissements réels. La gestion des catastrophes réalisée par le passé a conduit à des coopérations insuffisantes entre les secteurs de la gestion des catastrophes et du développement et, par conséquent, à un manque d’autorité politique, d’accords de gouvernance et de compétences techniques pour intégrer pleinement la gestion des catastrophes à travers les secteurs et les institutions. En outre, l’accent n'a pas été suffisamment mis sur la prévention de l’émergence de nouveaux risques.
Approches pour renforcer la résilience
Étant donné qu’elle est liée à presque tous les autres facteurs de risque, il est essentiel de s’attaquer à la faible gouvernance des risques avant d’aborder les autres facteurs de risque sous-jacents.
Les villes et régions plus riches et mieux gouvernées sont susceptibles, au fil du temps, de gérer avec succès les processus qui génèrent des risques chroniques.
UNDRR, 2013
Le modèle de gouvernance des risques de catastrophe proposé par le Cadre d’action de Hyogo a été influencé par l’approche adoptée par la Colombie en 1989 et, par la suite, par de nombreux autres pays à revenu faible ou intermédiaire (avec d’importantes variations). Ce modèle met en exergue l’adoption d’une réglementation et d’autres mécanismes qui visent à garantir le respect des règles et à fournir des mesures d’incitation. Le modèle recommande également des allocations budgétaires spécifiques pour la réduction des risques de catastrophe et encourage la participation de volontaires et des communautés. En même temps, il souligne l’importance d’intégrer la réduction des risques de catastrophe dans les politiques de développement, notamment la réduction de la pauvreté, sur la base d’une forte détermination politique.
Les gouvernements centraux doivent confier la gestion des risques de catastrophe à un ministère ou à un bureau spécifique doté d’une autorité politique suffisante pour assurer la cohérence des politiques à travers les secteurs du développement.
UNDRR, 2011
Le modèle de gouvernance des risques de catastrophe du Cadre d’action de Hyogo met également l’accent sur une approche systémique intégrée horizontalement et verticalement, caractérisée par une forte coordination entre les secteurs et une répartition des responsabilités au niveau local. L’implication des communautés dans la gestion des risques de catastrophe est largement reconnue comme étant importante, mais il est nécessaire d’aller au-delà de la simple consultation des communautés pour construire des partenariats significatifs entre elles et leurs gouvernements. En s’appuyant sur les connaissances et les compétences des acteurs communautaires, une approche du développement mené par la communauté permet d’alléger la charge des organes publics tout en permettant d’atteindre un très grand nombre de personnes pauvres. Les programmes de développement menés par les communautés ont également apporté un soutien efficace en matière de réponse aux catastrophes et de relèvement, et contribuent souvent à faire évoluer la réduction des risques de catastrophe d’une approche réactive à une approche plus proactive de la gestion des risques.
Les pays continueront à avoir besoin d’un secteur de gestion des catastrophes spécifique et spécialisé pour se préparer et répondre aux catastrophes. Toutefois, les risques liés aux catastrophes et aux changements climatiques dans le cadre du développement doivent être abordés par le biais de dispositifs de gouvernance renforcés et coordonnés à travers les secteurs et les territoires. Ce renforcement nécessite une combinaison d’activités de gestion des risques de catastrophe qui prévient l’apparition de nouveaux risques dans les investissements – ce qui reste difficile pour la plupart – ainsi que la réduction des risques existants, et des efforts pour renforcer la résilience à tous les niveaux. Voir un article connexe (en anglais) : Surmonter une faible gouvernance prendra des décennies et aura des répercussions sur l’adaptation aux changements climatiques.
La décentralisation progressive, accompagnée de mandats clairs, de budgets et de systèmes de subsidiarité, favorise l’appropriation et l’amélioration de la gouvernance des risques à tous les niveaux. La planification, le financement et les investissements au niveau local, qui s'appuient sur des partenariats avec la société civile, peuvent permettre d’élargir les initiatives communautaires. Des mécanismes de redevabilité améliorés, ancrés dans la législation et les processus de travail, les processus d’audits sociaux, une presse libre et des médias actifs contribuent à améliorer la prise de conscience des droits et des obligations de toutes les parties. Voir l'article connexe sur la gouvernance au cœur de la réduction des risques de catastrophe porteuse de transformations.
Les structures et les politiques de gouvernance des risques doivent être élargies afin d’inclure une réelle prise en compte du secteur des affaires et de la société civile.
UNDRR, 2013
L’avenir de l’intégration efficace de la réduction des risques de catastrophe dans les politiques et la planification nationales dépendra de la capacité des pouvoirs publics et des dirigeants politiques à mieux associer la promotion de la croissance économique locale et nationale à une gestion efficace des risques de catastrophe.
UNDRR, 2013
Dernière mise à jour le : 11 juillet 2023
Articles connexes (en anglais)
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