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Exposition

Situation des personnes, des infrastructures, des logements, des capacités de production et d’autres biens humains matériels se trouvant dans des zones exposées aux aléas.

Terminologie de l'UNDRR, 2017

L’exposition est l’une des composantes essentielles du risque de catastrophe.

Risque
=
Aléa
X
Exposition
X
Vulnérabilité

Pourquoi est-elle importante ?

Si un aléa se produit dans une zone non exposée, il n’y a pas de risque. Prenons l’exemple des typhons (cyclones tropicaux se formant dans l’océan Pacifique). En octobre 2013, un super typhon de catégorie 5 (appelé Lekima) a frappé le nord-ouest de l’océan Pacifique. Ses rafales ont atteint des pointes d’environ 240 kilomètres par heure, mais n’ont pas eu d’impact sur les personnes ou les biens. En novembre 2013, un autre super typhon de catégorie 5 (appelé Haiyan ou Yolanda) a frappé la région avec des rafales atteignant 315 kilomètres par heure. Haiyan a touché 11 millions de personnes, faisant plus de 6 000 victimes et entraînant des pertes de plus de 1,5 milliard de dollars. La différence d’impact s’explique par l’absence de populations et de biens sur la trajectoire de Lekima ; en d’autres termes, il n’y avait pas d’exposition (voir la carte comparant les trajectoires des deux typhons). https://www.youtube.com/embed//kUFTZ5c1PTc

Le niveau de risque des populations ou des biens économiques exposés est généralement déterminé par leur niveau de vulnérabilité, car il est possible d’être exposé sans être vulnérable. Cependant, force est de constater que dans le cas d’aléas extrêmes, le niveau de risque de catastrophe est une conséquence de l’exposition plus qu’un résultat de la vulnérabilité. Par exemple, dans le cas du tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien, toutes les personnes exposées aux tsunamis étaient à risque, quels que soient leurs revenus, leur appartenance ethnique ou leur classe sociale. Voir l'article connexe sur Que se serait-il passé si le typhon Jebi avait été plus puissant et avait suivi une trajectoire différente ?(en anglais)

Comparaison entre le typhon Lekima et le typhon Haiyan (Yolanda) Source : Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), 2014

Quels sont les facteurs d’exposition ?

La concentration des personnes et des biens économiques dans les zones exposées aux aléas s’explique par la croissance démographique, les migrations, l’urbanisation et le développement économique. Les catastrophes précédentes peuvent augmenter l’exposition en forçant les populations à quitter leurs terres et à s’installer dans des zones de moins en moins sûres. Par conséquent, l’exposition varie dans le temps et dans l’espace.

De nombreuses zones exposées aux aléas, telles que les côtes, les versants volcaniques et les plaines inondables, attirent le développement économique et urbain, offrent des avantages économiques significatifs ou revêtent une importance culturelle ou religieuse pour les personnes qui y vivent. L’augmentation du nombre de personnes et de biens exposés s’accompagne d’une plus grande concentration du risque dans ces zones. En parallèle, le risque s’étend également à mesure que les villes s’agrandissent et que le développement économique et urbain transforme des zones auparavant peu peuplées.

D’importants volumes de capitaux continuent d’affluer dans les zones exposées aux aléas, entraînant une augmentation sensible de la valeur des biens économiques exposés. Si l’exposition globale continue d'augmenter, les risques de catastrophe pourraient atteindre des niveaux dangereux. Voir l'article connexe surÉvaluation de l’exposition au risque climatique dans les municipalités américaines

Comment mesurer l’exposition ?

L’exposition peut être mesurée par le nombre de personnes ou les types de biens présents dans une zone. Ces données peuvent être combinées avec la vulnérabilité et la capacité spécifiques des éléments exposés à un aléa particulier pour estimer les risques quantitatifs associés à cet aléa dans la zone concernée.

La modélisation de l’exposition joue un rôle essentiel dans l’évaluation des risques. Les informations utilisées pour élaborer les ensembles de données sur l’exposition peuvent provenir de différentes sources et méthodes. La résolution des ensembles de données fait référence au niveau de précision de la définition des données ; par exemple, des données d’exposition couvrant une vaste zone géographique (faible résolution) peuvent masquer la situation réelle au niveau local.

Des données d’exposition à haute résolution existent à l’échelle locale, mais uniquement pour des projets spécifiques. Les sources de données les plus courantes sont les conseils et les administrations locales, les enquêtes menées auprès des ménages, les photos aériennes et les plans architecturaux/structurels individuels. Le crowdsourcing (obtention d’informations ou de contributions à une tâche en sollicitant les services d’un grand nombre de personnes, généralement par Internet) est devenu un outil courant et précieux pour la collecte de données au niveau local, ainsi que pour la validation de données à l’échelle mondiale, cependant cette approche est limitée par le type et la qualité des données. Voir l'article connexe sur Une analyse médicolégale révèle les causes des dommages subis par les bâtiments d’İzmir lors du séisme survenu le 30 octobre en mer Égée.

À l’échelle nationale, les inventaires complets (bases de données) liés à des données géospatiales et comprenant des infrastructures publiques sont rares et ne sont pas accessibles au public dans la plupart des pays en développement, d’où la nécessité de développer ces inventaires. Les agences nationales, les bureaux de statistique, les données de recensement, les listes d’investissements, les répertoires d’entreprises, les chiffres de l’emploi et les données des systèmes d’information géographique (SIG) existants sont des sources courantes d’informations sur l’exposition à l’échelle régionale et supérieure.

À l’échelle mondiale, les efforts ont redoublé pour créer des ensembles de données d’exposition homogènes sur le plan de la qualité et de la résolution. Les méthodes doivent tenir compte de la nature dynamique de l’exposition, qui évolue dans le temps en raison de l’urbanisation (non planifiée), des changements démographiques, des modifications des pratiques de construction et d’autres facteurs. Au niveau de résolution le plus bas (le plus approximatif), les données d’exposition sont fournies par les agences nationales de statistique, les données de recensement, les bases de données mondiales et la télédétection.

Conséquences de l’ouragan Irma en Floride, États-Unis (2017)
Conséquences de l’ouragan Irma en Floride, États-Unis (2017). Source : FotoKina/Shutterstock

Comment réduire l’exposition ?

L’exposition économique dans les zones à haut risque a tendance à augmenter. Si nous n’inversons pas cette tendance, les risques de catastrophe vont eux aussi augmenter. Nous devons agir maintenant pour réduire l’exposition et renforcer les capacités et la résilience dans ces zones de plus en plus exposées.

Lorsqu’il n’est pas possible d’éviter l’exposition aux événements, les décisions en matière d’aménagement du territoire et de localisation doivent s’accompagner d’autres méthodes structurelles ou non structurelles de prévention ou d’atténuation des risques. Dans le cas du tsunami survenu le 26 décembre 2004 dans l’océan Indien, la seule stratégie possible pour sauver des vies aurait été de réduire l’exposition par une évacuation en temps utile, qui nécessite l’existence de systèmes d’alerte précoce fiables et d’une planification efficace de la préparation, puis la compensation des pertes par une assurance ou d’autres instruments de financement des risques.

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Bibliographie