1. Home
  2. Vacancies
Closing date:

Evaluateur préparation à la sécheresse

City/location:
Djibouti
Organization:
Propose an edit Upload your content

This job posting has closed

(In French): Objectif général de la mission d’évaluation

L’évaluation a pour objet l’élaboration d’une concept note et d’une proposition de projet dans le cadre de la réponse à la Décision de financement Régionale « Préparation à la Sécheresse pour la Grande Corne de l’Afrique » qui sera approuvée par la Commission Européenne et qui doit être mise en œuvre par ECHO à compter du 1er juillet 2010.
La mission a pour objectif d’évaluer la situation et les besoins des populations de ce pays face au risque sécheresse, de définir des axes d’intervention et d’élaborer une proposition de projet privilégiant une approche communautaire. L’intervention proposée doit contribuer au renforcement des capacités d’anticipation et de préparation des populations les plus vulnérables face à la sécheresse.

Contexte

Djibouti est l’un des plus petits pays d’Afrique avec 372 km de côtes et une superficie totale de 23 200 km², dont 100 km² de surface d’eau (lacs Abhé et Assal) et 220 km² de forêt (forêts du Day et des Mablas). La population a été estimée à 712 000 habitants en 2004  La population urbaine représente 84 pour cent de la population totale et plus de 75 pour cent des habitants vivent à Djibouti ville. La population rurale représenterait 16% de la population de Djibouti. Il est important ici de préciser que ces chiffres ne sont que des estimations, aucun recensement n’ayant été effectué depuis 1983. Au classement de l’IDH Djibouti est au 148ème rang sur 177, ce qui le classe dans les pays à faible développement humain. En effet, les données de l’enquête EDAM-IS2 menées en 2002 montrent, une forte incidence de la pauvreté relative et de la pauvreté extrême évaluées respectivement à 67,9% et 34,7 % des ménages. Entre 1996 et 2002, l’on enregistre une hausse dramatique de la pauvreté des individus, l’incidence passant respectivement, de 45,1% à 74,0 % pour les pauvres relatifs, et de 9,6 % à 42,1 % pour les pauvres extrêmes. Si la plus grande part des vulnérables est située dans les zones périurbaines, c’est en zone rurale que le phénomène prend des allures de catastrophe avec une incidence de la pauvreté relative pouvant approcher 95 %, tandis que plus de trois ruraux sur quatre vivent dans l’extrême pauvreté.

Le pays est situé au cœur de la région qu’on appelle la Grande Corne de l’Afrique, l’une des régions les plus chaudes de la planète. Le climat y est de type tropical aride. Durant la saison chaude (entre mai et septembre), les températures peuvent atteindre 40°C de moyenne. Les précipitations moyennes annuelles sont très faibles : 220 mm. La région est donc particulièrement sujette à la sécheresse. A Djibouti, la sécheresse est de très loin l’aléa dont l’occurrence est la plus élevée et qui affecte le plus grand nombre de personnes. La sécheresse de 2008 a touché près de 340 000 personnes , soit presque la moitié de la population du pays. Les populations rurales semblent être les plus affectées par les épisodes de sécheresse qui touchent régulièrement le pays.

Suite aux appels à l’aide internationale lancés en 2005 et en 2006 par le Gouvernement de Djibouti, une évaluation multisectorielle sur l’impact de la sécheresse a été conjointement menée par l’ONARS et par le Ministère de l’Intérieur. Celle-ci a clairement mis en évidence la grande vulnérabilité des communautés rurales vivant en grande partie de l’élevage. Les facteurs de vulnérabilité sont nombreux ; parmi les plus déterminants on peut citer l’insuffisance d’accès à l’eau potable du fait d’une pluviométrie basse et d’une surexploitation des ressources hydriques existantes, les fortes pertes en cheptel qui représentent une perte de revenus importante, et un manque de capacité d’adaptation induisant une forte dépendance à l’égard de l’aide extérieure.

Méthodologie

La méthodologie de la Croix-Rouge française se trouve sous le portail expertise internationale. La consultation de la méthodologie utilisée nécessite l’utilisation d’un mot de passe qui vous sera fourni après validation de la candidature.

Historique de la mission CRF à Djibouti

Depuis 2008 la Croix-Rouge française en partenariat avec le Croissant-Rouge Djibouti mène un projet visant la réduction de la vulnérabilité des communautés rurales par une approche participative. Ce projet a pour objectif d’ « améliorer les conditions d’accès à l’eau et la gestion des ressources en eau des communautés rurales de la République de Djibouti » et de « renforcer la capacité des communautés rurales à répondre aux crises récurrentes auxquelles elles sont confrontées ». De plus, la Croix-Rouge française et le Croissant-Rouge Djibouti ont lancé en mars 2010 un nouveau projet pilote qui vise à l’ « amélioration de la disponibilité, de l’accès et de l’utilisation des ressources alimentaires pour les populations vulnérables du district d’Ali Sabieh à Djibouti ».

La prévention du risque de sécheresse s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie Internationale de Prévention des Catastrophes (SPIC). 168 Etats-membres des Nations Unies (dont Djibouti) ont adopté en 2005 le Cadre d’Action de Hyogo (HFA) qui fixe cinq priorités dans le but d’instaurer la résilience des nations et des collectivités face aux catastrophes par une réduction considérable des pertes dues aux catastrophes d’ici 2015. Tous les pays se sont engagés à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour réaliser les objectifs du HFA. Le Secrétariat Exécutif de gestion des risques et des catastrophes de Djibouti a produit en 2007 un rapport reflétant l’état d’avancement des mesures de prévention des catastrophes dans le pays. A la lumière de ce rapport, on constate que le cadre institutionnel nécessaire à la réduction des risques de catastrophes, incluant des représentants d’organisations de la société civile et notamment du CRD, existe. Toutefois, les réalisations restent faibles, notamment en termes d’Early Warning System (EWS). Par ailleurs, tout projet de prévention du risque de sécheresse à Djibouti est appelé à s’inscrire dans la stratégie régionale de la FICR. Celle-ci, basée à Nairobi et menant des projets dans plusieurs pays de la Grande Corne de l’Afrique, insiste sur la distinction entre l’urgence et la situation de crise chronique, elle-même émaillée de périodes d’urgence. La vulnérabilité des communautés face à la sécheresse résulte de facteurs plus profonds et plus durables perdurant au-delà des moments de sécheresse intense. C’est sur ces facteurs-là que la FICR entend intervenir en développant une approche sur le long terme. C’est la raison pour laquelle la FICR mène, au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti ou encore en Somalie des projets de sécurité alimentaire et d’eau & assainissement dans le but de renforcer la résilience des communautés face aux épisodes de sécheresse. La CRF a adopté une stratégie d’intervention allant dans le même sens que celle de la FICR en menant avec son partenaire le CRD des projets d’accès à l’eau et de sécurité alimentaire. Elle souhaite aujourd’hui renforcer son action à Djibouti en y incluant des activités directement dédiées à la préparation face au risque de sécheresse.

Rôle de l’évaluateur et responsable(s) hiérarchique(s) et fonctionnel(s)

La CRF et le CRD attachent une grande importance à l’évaluation de leurs activités humanitaires, et ont comme préoccupation continue d’améliorer l’efficacité de leurs opérations et l’utilisation judicieuse des fonds alloués. L’évaluateur doit apporter une réponse directe et précise à tous les points contenus dans les termes de référence tout en évitant l’usage d’un langage théorique ou académique. L’évaluateur travaillera en collaboration avec le chef de délégation, considéré comme son responsable hiérarchique (n+1) Et en lien fonctionnel avec : 
- Le responsable géographique du siège
- Le bureau RRC pour les problèmes techniques et l’évaluation de la cohérence de l’analyse et des conclusions de la mission (expertise métier).
- Le référent évaluation et le service Bailleur de fonds pour la méthodologie et les problèmes relatifs aux exigences des bailleurs pré-identifiés.

Tâches

L’évaluateur se basera sur les documents fournis par la FICR et le dossier thématique fourni par le Desk et le bureau RRC. Il travaillera en collaboration directe avec le CRD et avec les partenaires sur le terrain (FICR, British Red Cross), en lien avec le CDD. L’évaluateur aura à effectuer un déplacement sur le terrain si la situation sécuritaire le permet, et en fonction des zones qui seront ciblées après rencontre des partenaires.

Collecte d’informations et identification des besoins et problèmes des populations affectées :
- Informations générales sur les zones affectées par la sécheresse ; 
- Informations concernant l’historique des sécheresses à Djibouti et dans la Corne de l’Afrique, ainsi que les évolutions attendues ;
- Informations concernant les conséquences des épisodes de sécheresse sur les populations (conséquences économiques, sanitaires, sociales) ;
- Informations concernant les programmes du Mouvement CR menés dans le domaine de la préparation et réponse à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique. Effectuer une capitalisation sur l’ensemble des outils utilisés (points positifs et négatifs) ;
- Mettre en œuvre une coordination vis-à-vis des projets issus d’autres acteurs internationaux et/ou locaux ; 
- Information concernant la stratégie nationale et régionale en matière de prévention des catastrophes naturelles et principalement du risque sécheresse, et des réponses apportées (documents cadres).

Analyse de la situation et conclusions sur la(les) stratégie(s) à suivre pour répondre aux besoins et problèmes identifiés :
- Analyse des parties prenantes
- Arbre à problèmes et à objectifs
- Elaboration d’une logique d’intervention et rédaction de la proposition de projet correspondante
- Elaboration de la logique d’intervention (cadre logique, chronogramme, budget, narratif), en étudiant la faisabilité d’un projet en deux temps (première phase d’évaluation de 6 mois avant la mise en œuvre des activités) et en insistant sur les possibilités de mise en place d’un système d’alerte précoce.
- Rédaction des documents finaux relatifs à la concept note et à la proposition de projet, en fonction des formats demandés par le bailleur de fonds destinataire de la proposition. Coordination avec le Croissant-Rouge Djibouti, les autorités nationales et autres parties prenantes
- Concertation avec le bureau national du Croissant-Rouge Djibouti sur les besoins et le potentiel mode de collaboration
- Rencontre avec le responsable du secteur gestion des catastrophes de la Fédération/ CRD
- Rencontre avec les comités locaux du CRD des villes retenues
- Autres partenaires travaillant dans le domaine de la gestion des catastrophes (à identifier : ONG, institutions locales, Comité Technique Intersectoriel de Gestion des Risques, etc.)

Selon le profil de l’évaluateur, et si profil sécurité alimentaire :

- En marge de sa mission et au cours d’une visite de terrain, l’évaluateur étudiera la faisabilité de transférer le projet de maraîchage initialement prévu à Ali Sabieh, vers la localité de Assa Gaila (cf proposition de projet AFD). L’évaluateur s’attachera à valider ou non ce transfert et dans ce dernier cas apportera les modifications nécessaires, en lien avec le CDD, pour présenter le projet à l’AFD.

Responsabilités administratives :
- Suivi de la comptabilité liée à la mission d’évaluation : tenue des pièces comptables, tenue d’une comptabilité sous format Excel.

Reporting

Reporting au Chef de Délégation (Chef de Mission), au référent « évaluation » du siège, au bureau « Réduction des risques des catastrophes » du siège, à J+10 sur l’avancée de l’évaluation ainsi que 2 jrs ouvrés avant le débriefing siège par la remise du diagnostic initial. L’évaluateur remettra la proposition de projet 1jour avant la fin de son contrat afin d’apporter les derniers ajustements

Chronogramme

La mission d’évaluation s’effectuera sur 30 jours de la manière suivante : - 1 jour briefing siège - 1 jour vol aller Paris-Nairobi - 1/2 journée briefing FICR à Nairobi - 1/2 journée vol pour Djibouti - 3 jours briefing capitale CDD + rencontres en capitale - 16 jours d’enquête de terrain (récolte de données, rencontres avec les autorités locales) - 1 jour de restitution avec le Croissant-Rouge de Djibouti en capitale - 1 jour vol retour - 1 jour de débriefing siège - 5 jours de rédaction et de finalisation de la proposition de projet H.

Exigences du poste/profil

- Capacités de travail en équipe et de coordination
- Diplomatie et patience
- Bon esprit analytique et de synthèse
- Bonnes capacités rédactionnelles
- Maîtrise des outils informatiques Word, Excel et de l’Internet I.

Competences
Profil technique : Spécialiste RRC / Sécurité alimentaire :
1. Expérience en gestion / évaluation de projet RRC ou sécurité alimentaire ;
2. Analyse du secteur institutionnel en charge de la réduction des catastrophes;
3. Analyse du contexte : jeux et enjeux des acteurs, organisation sociale des communautés ;
4. Analyse des enjeux de pouvoir et des conflits liés aux conséquences des catastrophes climatiques aux niveaux supra et infra communautaire (raréfaction des ressources);
5. Capacité d’analyse du contexte climatique et de son impact social (carte des zones affectées et impact)
6. Analyse des réseaux d’information (alerte précoce) en termes de préparation aux catastrophes existant dans les communautés et au niveau national
7. Analyse de la perception du lien climat / sécurité alimentaire par les populations ; analyse des perceptions des communautés de leur besoin en termes d’accès à l’eau potable, à des intrants agricoles, à des soins vétérinaires.
8. Analyse des réponses apportées par les communautés à la sécheresse (« coping mechanisms », résilience). 9. Expérience / Connaissance des formats ECHO et de l’écriture de projet / budget