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  2. Plateformes : outils et connaissances
  3. Plateforme pour la communication sur les risques de catastrophe :
Collage with human hands shaking based on the teamwork concept.

L'opposition de ces deux facteurs fait que des ressources, déjà insuffisantes, sont affectées à des mesures de relèvement plutôt qu'à des investissements visant à remédier aux causes profondes des catastrophes. .

Les systèmes d'alerte précoce multirisques et centrés sur les personnes constituent un outil important pour améliorer la gestion des risques de catastrophe et la résilience. Cependant, la diffusion effective des alertes précoces ne se traduit pas toujours par une action précoce. L'incompréhension, la méfiance, l'incertitude quant à la marche à suivre, les barrières psychologiques et les influences sociales ou culturelles sont autant de facteurs qui contribuent à la prise de décisions.

Ces défis soulignent la nécessité d'une approche globale pour améliorer les systèmes d'alerte et d'action précoces, en comblant les lacunes technologiques et infrastructurelles ainsi que les facteurs individuels, sociaux et institutionnels qui influent sur leur efficacité. L'une de ces approches consiste à utiliser les médias et la communication, qui permettent non seulement de diffuser des alertes précoces, mais aussi de susciter un dialogue éclairé et de modifier la façon dont les gens réfléchissent, se sentent et répondent face à ces alertes.

Les médias et la communication peuvent accroître l'efficacité des systèmes d'alerte précoce :

  • Les centrer sur les personnes, en améliorant leur conception et leur portée ;
  • Améliorer la compréhension qu'ont les individus des aléas naturels et de leur vulnérabilité face à ces derniers, tout en respectant les priorités et les perspectives locales ;
  • Remettre en question les croyances, les perceptions et les pratiques déplacées ou infondées afin de favoriser une meilleure gestion des risques de catastrophe et une intervention adéquate en temps opportun.

1. Pourquoi l'alerte précoce ne suscite pas une action précoce : Exemple

Les recherches menées en Somalie mettent en évidence les raisons pour lesquelles les populations n'ont pas réagi aux alertes précoces : de graves inondations se sont produites en Somalie à la fin de l'année 2023 en raison du système météorologique El Niño. Dans le cadre du projet RiCA, BBC Media Action a mené des travaux de recherche auprès de victimes des inondations dans les zones de Baidoa et de Mogadiscio, qui sont également touchées par un conflit. Ces travaux visaient à comprendre si les individus avaient reçu des alertes précoces et, le cas échéant, quelles réponses ils avaient adoptées en conséquence. Parmi les participants figuraient des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays vivant dans des camps, ainsi que des responsables communautaires.

Presque tous les participants ont déclaré avoir reçu des alertes précoces sur le risque d'inondation, par l'intermédiaire des médias sociaux, de bulletins d'information à la radio et à la télévision et de programmes de discussion.

La plupart des participants ont trouvé les avertissements pertinents et opportuns. Ils ont trouvé les informations généralement claires, précises et pratiques, à lʼinstar des conseils consistant à faire bouillir l'eau de boisson, à éviter de pêcher et de marcher dans les eaux de crue, à débrancher les appareils électriques et à évacuer dans les cas les plus graves.

Si certains répondants ont suivi ces recommandations, la plupart ne l'ont pas fait. Les personnes interrogées ont invoqué plusieurs raisons :

  • Croire que les prévisions météorologiques allaient à l'encontre des principes religieux : seul Dieu connaît le temps qu'il fera et tout impact négatif est la volonté de Dieu ;
  • Se méfier des informations reçues ;
  • Craindre de ne pas être en sécurité s'ils quittaient leur zone d'installation
  • Ne pas disposer de ressources suffisantes pour prendre les mesures recommandées.

– Abdi, 36 ans, mari et père de famille à Mogadiscio

2. Comment les médias et la communication peuvent soutenir les systèmes d'alerte précoce

Le Secrétaire général des Nations Unies a demandé que l'ensemble de la population mondiale bénéficie de systèmes d'alerte précoce d'ici à 2027. Le plan d'action de lʼinitiative « Alertes précoces pour tous » s'articule autour de quatre piliers d'activité. Les médias et la communication peuvent apporter un soutien dans les quatre domaines.

Pilier 1 – Connaissance des risques de catastrophe
Les médias et la communication peuvent aider les individus à appréhender la complexité des divers aléas, leurs impacts potentiels et ce qui peut être fait pour y remédier. Ils peuvent créer des plateformes pour partager et discuter des connaissances locales, autochtones et scientifiques à grande échelle.

Pilier 2 – Détection, suivi et prévision des aléas
Les médias et la communication peuvent permettre de partager et de discuter largement des informations observées localement, des idées et des actions possibles afin d'améliorer la compréhension et la confiance dans les systèmes de suivi et de stimuler la participation de la communauté à la conception des systèmes d'alerte précoce.

Pilier 3 – Diffusion de l'alerte et communication
Les médias et la communication sont essentiels pour transmettre rapidement et à grande échelle les informations relatives aux alertes précoces aux populations.

Pilier 4 – Préparation de la réponse
La communication sur les risques peut contribuer à améliorer l'état de préparation des individus, des groupes et des organisations en offrant une plateforme pour discuter et lever les obstacles à l'action, tels que les perceptions et les croyances sur les risques, les préoccupations relatives aux moyens de subsistance, la disponibilité des ressources, la gestion locale des risques, la gouvernance des risques et les investissements publics.

Une infographie présentant les quatre piliers de l'initiative "Avertissements précoces pour tous".
Alertes précoces pour tous