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Raconter les aspects méconnus des catastrophes

Raconter les aspects méconnus des catastrophes

Questions clés et angles éditoriaux pour couvrir les risques de catastrophes et la résilience avant, pendant et après les catastrophes.

En un sens, les catastrophes sont la définition même de l'actualité : elles sont importantes, inhabituelles, soudaines et d'un grand intérêt humain. Chaque journal, site Web ou émission d'information regorge d'articles sur les risques et les catastrophes, grandes ou petites.

Outre la couverture des catastrophes en tant qu'actualités, les médias ont également la possibilité d'effectuer des analyses de l'actualité, des reportages d'investigation, des reportages, des programmes d'actualité ou des documentaires.

Mozambique - aftermath of Tropical Cyclone Idai, 2021

Covering disasters – key questions

Most disasters can usefully be covered using the well-known “5Ws and 1H” – Who, What, When, Where, Why and How. Si les questions « qui, quoi, où et quand » fournissent des informations factuelles, les deux autres – comment et pourquoi – apportent généralement les réponses les plus riches. Elles présentent également une utilité pour les articles liés à la réduction des risques de catastrophe. Voici dʼautres questions quʼil peut être judicieux de soulever : « Qu'est-ce que cela signifie ? »

5 questions que les médias devraient poser sur les catastrophes

Questions générales

  • Où la catastrophe s'est-elle produite et quand ? Quelles sont les spécificités du contexte de la catastrophe ?
  • Pourquoi cela s'est-il produit ? Qu'est-ce qui était prévisible ?
  • Quels sont les principaux facteurs à l'origine de la tragédie (pauvreté, changements climatiques, dégradation de l'environnement, croissance urbaine, manque de gouvernance) ? Aurait-on pu l'éviter ?
  • Existe-t-il une politique de réduction des risques de catastrophe ? Un système d'alerte précoce était-il en place ? A-t-il fonctionné ?
  • Quelle a été la réponse ?
  • Les individus ont-ils réagi ? Citez des sources différentes.

Questions sur les éléments structurels

  • Combien de maisons ont été détruites ?
  • Combien d'hôpitaux et d'écoles ont été détruits ? Un plan dʼaménagement du territoire a-t-il été mis en place ?
  • Existe-t-il une politique d'aménagement du territoire intégrant une approche multirisque ?
  • Les maisons et les écoles sont-elles protégées contre les aléas ?
  • Comment les maisons ont-elles été construites ? Des codes de construction étaient-ils en place ? Des matériaux de construction résistants ont-ils été utilisés ?

Questions sur les éléments non structurels

  • Comment l'environnement a-t-il été affecté ? Y avait-il un problème de déforestation ?
  • Existait-il des zones tampons naturelles ?
  • Quelles autres mesures non structurelles ont été mises en place ?

Questions sur les mesures de préparation

  • Y avait-il un plan d'urgence en place ?
  • Comment les pauvres, les femmes et les enfants ont-ils été touchés ? Quel a été l'impact sur les différents groupes économiques ? Qui a été le plus touché ?
  • Des abris avaient-ils été mis en place ?

Questions économiques

  • Quel a été l'impact économique ?
  • Quel pourcentage des pertes économiques était assuré ?
  • Quel est le montant à investir dans la réduction des risques de catastrophe ?

Questions relatives au processus de relèvement

  • Est-il possible de reconstruire en mieux ou faut-il changer d'emplacement ?
  • La réduction des risques de catastrophe est-elle intégrée dans le processus de relèvement ?
  • Que faut-il faire pour mieux protéger les populations les plus vulnérables ?
  • Quel est le budget alloué à la réduction des risques de catastrophe dans le budget de reconstruction ?

Questions relatives à la responsabilité

  • Qui était responsable à différents niveaux ?
  • Qui aurait dû être responsable ?

N'oubliez pas de faire un compte rendu et d'apprendre

Lorsque votre mission est terminée, prenez le temps de discuter avec votre rédacteur en chef, vos collègues et les journalistes seniors de ce qui s'est bien passé et de ce qui pourrait être amélioré. Examinez les performances individuelles ainsi que celles de l'organisation de votre salle de presse. C'est l'occasion de discuter de la manière dont la tâche pourrait être mieux exécutée la prochaine fois. Même une brève révision peut apporter de sérieuses améliorations à votre prochain cycle de couverture des catastrophes.

Récits post-catastrophe, réduction des risques de catastrophe et résilience

Les reportages sur la réduction des risques de catastrophe et la résilience peuvent être significatifs, pertinents et moteurs d'améliorations systémiques. Ils offrent une plateforme permettant non seulement de soulever des questions importantes, mais aussi dʼexaminer diverses problématiques à long terme et interconnectées qui peuvent améliorer la vie d'une manière compatible avec la résilience de la communauté et le développement durable.

La réduction des risques de catastrophe est le sujet idéal du « reportage du jour d'après »

Le moment idéal pour traiter de la résilience et des risques est bien sûr dans les jours qui suivent immédiatement une catastrophe, alors que l'impact se fait encore sentir. Les récits de réduction des risques de catastrophe sont idéals pour les « sujets du jour dʼaprès ». Les articles sur la réduction des risques de catastrophe sont plus complexes et plus riches, et reposent sur des analyses ou des recherches plus complètes que ce qui ressort des récits habituels. Ils examinent les causes, les problématiques et les implications de la catastrophe. Avec un peu de réflexion, ces éléments sont faciles à identifier. Voir, par exemple, la richesse de la couverture de la réduction des risques de catastrophe et de la résilience qui a émergé de la COVID-19. Les idées de sujets ne manquent pas pour peu que les journalistes soient motivés.

La réduction des risques de catastrophes ? Pas la peine dʼen faire tout un plat

Du personnel des Nations Unies aux travailleurs humanitaires en passant par les journalistes, nombreux sont ceux qui peinent à rendre la réduction des risques de catastrophe plus intéressante.

Même l'expression « réduction des risques de catastrophe » peut être rébarbative. Mais la plupart des personnes qui vivent dans le monde réel ont encore besoin d'en apprendre davantage sur cette problématique.

Vous souhaitez proposer une idée de reportage sur la protection des personnes contre les catastrophes ?

Gros plan d'un vidéaste noir africain regardant dans le viseur de sa caméra vidéo.

Questions que vous pouvez poser après une catastrophe

There is a huge range of questions you can ask and approaches you can take. Certaines d'entre elles sont énumérées ci-dessous.

  • Interrogez sur l'absence d'alerte précoce
  • Interrogez sur l'absence de planification urbaine
  • Interrogez sur le manque de résilience des bâtiments
  • Interrogez sur le manque de sensibilisation et de préparation
  • Interrogez sur l'absence d'une stratégie nationale claire de réduction des risques de catastrophe alignée sur les priorités d'action du Cadre de Sendai
  • Interrogez sur les ressources dont dispose l'agence nationale de gestion des catastrophes
  • Interrogez sur le niveau des émissions de gaz à effet de serre et sur les efforts déployés pour décarboner l'économie
  • Demandez si des mesures suffisantes sont prises à des fins d'adaptation aux changements climatiques/à l'urgence climatique
  • Vérifiez si le secteur privé adopte une approche tenant compte des risques pour aborder les nouveaux investissements
  • Interrogez sur les performances des personnes responsables de la gestion des catastrophes
  • Interrogez sur le manque d'investissements, de ressources financières et de volonté politique en matière de réduction des risques de catastrophe
  • Interrogez sur les mesures de réduction des risques de catastrophe mises en place : dans quelle mesure ont-elles porté leurs fruits ?
  • Interrogez sur les phases de relèvement et de reconstruction et publiez des éditoriaux susceptibles de susciter un débat
  • Réfléchissez à la vulnérabilité sociale et à la problématique du genre : pourquoi les femmes sont-elles plus nombreuses que les hommes à mourir dans les catastrophes ?
  • Étudiez les conséquences économiques, sociales et culturelles de la catastrophe.
  • Examinez les autres effets à long terme
  • Tirez les enseignements pertinents, en vous appuyant sur l'avis d'experts
  • Analysez en profondeur les causes de la catastrophe : Pourquoi cela s'est-il produit ? Aurait-on pu l'éviter ?
  • Analysez des menaces similaires ou des catastrophes antérieures dans d'autres pays afin de dégager des solutions potentielles
  • Élaborez des sujets dans lesquels des catastrophes similaires peuvent se produire ou sont vouées à se produire compte tenu de vulnérabilités et de tendances similaires en matière d'aléas.
  • Continuez à faire la part belle aux questions relatives aux catastrophes dans l'actualité (investissements nécessaires, mesures à prendre, corruption, absence de priorités politiques). Cela peut-il se reproduire ? Quels sont les points à améliorer ?
  • Continuez à informer et à enquêter pour faire évoluer les mentalités et les politiques.
  • Soyez attentifs aux nouveaux risques de catastrophes ; visitez les sites exposés.
  • Faites vivre le sujet en intégrant les problématiques de réduction des risques de catastrophe dans les événements culturels et sociaux couverts par les médias (les programmes pour enfants, les émissions d'actualité, les talk-shows, les feuilletons télévisés, etc.)

Reportage sur la réduction des risques de catastrophe à long terme

Vous pouvez maintenir votre couverture sur la réduction des risques de catastrophe même lorsque la catastrophe immédiate est terminée. Lors d'une catastrophe et de ses suites immédiates, vous ne saurez plus où donner de la tête à force d'essayer de suivre l'évolution de la situation et le cycle des actualités. Mais il peut aussi s'agir d'une occasion précieuse de nouer des contacts avec des experts de la gestion des catastrophes et des domaines connexes. Cultivez ces sources même lorsque la phase intense de couverture est terminée et elles produiront une riche moisson de reportages. Suivre les problématiques de résilience tout au long de l'année vous permettra non seulement de développer vos contacts et vos compétences, mais aussi d'asseoir votre crédibilité auprès des experts et du public.

Que peut nous apprendre l'attribution des événements extrêmes ?

Une étude d'attribution des événements extrêmes peut nous dire si le réchauffement climatique a rendu (ou rendra) un événement plus probable qu'il ne l'aurait été sans l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Elle peut nous indiquer si le délai entre deux événements similaires est plus court ou plus long qu'auparavant. Elle peut donc nous révéler le risque d'un événement météorologique extrême donné et si (ou dans quelle mesure) le réchauffement climatique a augmenté ce risque.

Trouvez le bon filon

De nombreux reportages sur la réduction des risques de catastrophe passeront le test de l'intérêt médiatique même en l'absence de catastrophe à l'horizon. L'essentiel est dʼ« ancrer » votre histoire à une « accroche ».

Les anniversaires de catastrophes constituent une plateforme idéale pour soulever les questions de réduction des risques de catastrophe. Mais les reportages sur la réduction des risques de catastrophes ne viennent pas à vous, cʼest à vous dʼaller les chercher. Ces anniversaires sont de parfaites occasions de vous lancer et convaincre votre rédacteur en chef que vous avez une histoire à raconter.

Certains risques et aléas ne sont pas caractérisés par des catastrophes ou des événements uniques. C'est le cas du réchauffement de la planète et du changement climatique. Dans ce cas, la publication de rapports et de conclusions, les conférences et événements internationaux, ainsi que les événements connexes tels que les violentes tempêtes dans d'autres parties du monde, peuvent constituer une accroche bien pratique pour les reportages concernant votre région. Les médias lancent parfois des campagnes sur ces questions, comme l'a fait le journal britannique The Guardian pour le changement climatique, qu'il appelle désormais « l'urgence climatique ».

  • Étudiez les menaces et les risques potentiels qui pourraient mettre en danger la vie des populations de votre village ou de votre pays (zones d'installation informelles, constructions de mauvaise qualité dans des zones sujettes aux catastrophes et destruction des zones tampons environnementales naturelles).
  • Examinez le degré des mesures de réduction des risques de catastrophe entreprises (prévention, atténuation, préparation, relèvement) et la manière dont elles réduisent les risques.
  • N'attendez pas qu'une catastrophe se produise pour écrire un article sur les menaces potentielles. Soyez proactif.
  • Concentrez-vous sur la façon dont les communautés se préparent aux catastrophes, par exemple avant la saison des pluies.
  • Couvrez les exercices d'entraînement, les exercices de préparation, les mesures de sensibilisation et les activités visant à informer les individus des risques et vulnérabilités qui leur sont propres et à leur montrer ce qu'ils peuvent faire.
  • Menez des entretiens auprès d'experts et des autorités chargées de la gestion des catastrophes et lancer un éventuel débat sur une problématique de réduction des risques de catastrophe.
  • Réalisez régulièrement des reportages sur les vulnérabilités des populations aux catastrophes, leurs vulnérabilités d'un point de vue social, environnemental et économique.
  • Rapport sur les interactions entre le public et les gouvernements.
  • Replacez tout article sur l'environnement, la pauvreté, les changements climatiques ou les risques urbains dans le contexte d'une problématique de réduction des risques de catastrophes ; en d'autres termes, faire des reportages sur les catastrophes en devenir dans des contextes où les vulnérabilités gagnent du terrain dans les zones sujettes aux aléas.
  • Saisissez toute occasion de mettre en évidence une menace potentielle locale ou nationale lors de catastrophes internationales.
  • Perpétuez le souvenir des catastrophes passées : les individus ont tendance à oublier et à ne réagir que lorsqu'une catastrophe se produit.
  • Marquez le coup le 13 octobre, à l'occasion de la Journée internationale pour la réduction des catastrophes, et le 5 novembre, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis.

Journalisme de solutions

Bien que les changements climatiques et le réchauffement de la planète fassent l'objet d'une couverture croissante, les solutions sont rarement mentionnées. Le Solutions Journalism Network décrit le journalisme de solutions comme un reportage rigoureux, basé sur des preuves, portant sur les réponses apportées aux problèmes sociaux, qui fournit des informations susceptibles d'aider d'autres personnes. Le réseau suggère que les journalistes ne doivent pas se contenter dʼêtre des « veilleurs » dénonçant les actes répréhensibles et exigeant de rendre des comptes. Ils peuvent également être des « éclaireurs », qui se concentrent sur les actions positives.

Les reportages sur les solutions offrent de nouveaux angles aux journalistes. Les différents publics déclarent qu'ils préfèrent s'éloigner de la « négativité », et ces reportages communiquent bien entendu des informations précieuses sur les réponses, ce qui encourage une adoption plus large et de nouvelles innovations.

Le Solutions Journalism Network suggère de poser les questions clés suivantes pour les reportages portant sur les solutions :

  • Qui fait mieux ?
  • Comment fonctionne la réponse ?
  • Quels sont les éléments du problème qui ne sont pas abordés dans la réponse ?
  • D'où vient cette idée ?
  • Le projet est-il reproduit ailleurs ? Avec quel effet ?
  • Que disent les recherches ?
  • Que disent les critiques ?
  • Quels sont les paramètres importants pour mesurer la réussite ?
  • En quoi cette réponse fonctionne-t-elle, en quoi ne fonctionne-t-elle pas, et comment le savons-nous ?
  • Quels sont les obstacles à la reproduction ?
Journaliste prenant des notes dans son téléphone et sur du papier tout en tenant son micro dans une zone fortement inondée en Thaïlande.
Ressources utiles
Le réseau Solutions Journalism Network propose des informations utiles et des liens vers des programmes de formation.

Il suggère également des moyens d'éviter de passer d'un reportage impartial à un plaidoyer en faveur de solutions spécifiques :

  • N'exagérez pas la vérité
  • Montrez ce que le personnage fait, et non ce qu'il veut faire
  • Laissez les lecteurs tirer leurs propres conclusions
  • Révélez les difficultés des personnages
  • N'occultez pas les moments sombres
  • Recherchez des personnages improbables
  • Supprimez les mots « inspirant », « solution », « merveilleux », « fantastique », « unique », « génie »
Logo de l'Association des journalistes pour la réduction des risques de catastrophes
Association des journalistes de réduction des risques de catastrophe (DIRAJ)
La DIRAJ est une association de journalistes et de communicants travaillant dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes.