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11 raisons de parler de la réduction des risques de catastrophe

11 raisons de parler de la réduction des risques de catastrophe

Les médias influencent la façon dont le public perçoit les risques liés aux différents aléas ; ces perceptions ont à leur tour une incidence sur l'ensemble des stratégies qui visent à atténuer les vulnérabilités futures et qui peuvent consister à mettre en place de nouvelles taxes, à supporter des coûts d'opportunité, à promouvoir des changements dans les modes de vie, etc..

Journaliste tenant des micros et un bloc-notes

1. La réduction des risques de catastrophe sauve des vies

Media coverage is a powerful tool that helps alert, inform and educate the public on disasters and the importance of disaster risk reduction (DRR). Les médias jouent non seulement un rôle essentiel dans la diffusion d'alertes précoces susceptibles de sauver des vies, mais ils contribuent également à focaliser l'attention, à orienter le débat public, à influencer les décisions politiques et à modifier les attitudes des individus.

Intensification de la mise en œuvre pratique de l'initiative « Alertes précoces pour tous »

Early Warnings For All is a global initiative to ensure that everyone on Earth is protected by early warnings by 2027 is being fast-tracked into action on the ground. Le cyclone tropical qui a récemment battu des records en Afrique du Sud-Est montre une fois de plus l'importance capitale de ces services pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance face à des phénomènes météorologiques et climatiques toujours plus violents.

Photographie d'un téléphone portable avec un cyclone se déplaçant vers la côte. L'arrière-plan est jaune et comporte un panneau d'avertissement.

2. La réduction des risques de catastrophe est une question politique

La fréquence et l'intensité des catastrophes ne cessant d'augmenter, les citoyens exigent de leurs gouvernements qu'ils prennent davantage de mesures préventives et la réduction des risques de catastrophe devient une question politique de plus en plus sensible. Les effets du changement climatique, tels que la sécheresse ou les inondations récurrentes, peuvent enfermer les gens dans un cycle de pauvreté et contribuer au déplacement des populations, ce qui déstabilise encore plus les pays fragiles. C'est ce que l'on a pu observer ces dernières années en Afghanistan, au Soudan du Sud, en Syrie et ailleurs. L'augmentation des dégâts causés par les catastrophes plaidera également en faveur d'une gouvernance plus forte et d'une collaboration régionale et internationale plus étroite.

Le changement climatique est-il favorable aux groupes insurgés ?

Le changement climatique n'est pas seulement un problème environnemental. C'est aussi un problème de sécurité.

Cette dualité se manifeste dans de nombreux pays, en particulier dans les États fragiles et les zones de guerre, là où des gens sont déplacés ou se retrouvent au chômage en raison de catastrophes liées au climat, et n'ont d'autres choix pour survivre que de s'engager dans des milices ou de rejoindre des mouvements insurrectionnels ou des organisations criminelles.

A Syrian girl at Zaatari refugee camp in Jordan.

3. Natural hazards are on the rise and will continue to make news

Alors que les changements climatiques, la pauvreté, les risques urbains et la dégradation de l'environnement exposent un plus grand nombre de personnes à des dévastations sans précédent, les aléas naturels restent un défi sérieux.

Les catastrophes mondiales sont de plus en plus fréquentes et leurs effets toujours plus graves. Comment nous pouvons réduire les risques

Si le monde semble en permanence frappé par des catastrophes, qu'il s'agisse en particulier de la pandémie ou de la sécheresse, nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes. Au cours des deux dernières décennies, l'activité humaine a provoqué jusqu'à 500 catastrophes par an. D'ici à 2030, ce chiffre pourrait atteindre 560 par an, soit plus de 10 catastrophes par semaine.

Femme asiatique assise sur une chaise rouge regardant son téléphone dans une rue inondée.

4. La réduction des risques de catastrophe est une question économique

Les catastrophes sont de plus en plus coûteuses et peuvent également avoir des impacts économiques à long terme, tant dans les pays développés que dans les pays en développement. En 2022, les catastrophes ont causé des dommages dont le montant cumulé a été estimé à 270 milliards de dollars É.-U. Mais cela ne représente que la partie émergée de l'iceberg, car de nombreuses pertes liées aux catastrophes, qu'elles soient directes ou indirectes, ne sont pas comptabilisées. Indépendamment des données macroéconomiques, les catastrophes peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur les emplois et les moyens de subsistance des survivants, souvent pendant des années. Les histoires humaines peuvent alimenter des récits forts et ainsi contribuer à renforcer l'action en faveur de la réduction des risques de catastrophe.

5. La réduction des risques de catastrophe est une question de droits humains

Certaines crises humanitaires ont des effets sur les droits humains. Les plus faibles et les plus démunis de la société sont souvent les plus durement touchés et les derniers à recevoir le soutien nécessaire. Certains programmes politiques extrémistes peuvent utiliser les catastrophes pour faire des groupes touchés des boucs émissaires et pour les diaboliser.

Le28 juillet 2022, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution historique, qui établit que l'accès à un environnement propre, sain et durable est un droit humain universel. La résolution invite les États, les organisations internationales et les entreprises à redoubler d'efforts pour assurer à tous un environnement sain.

6. La réduction des risques de catastrophe est une question environnementale

Les changements climatiques et le réchauffement de la planète rendent les phénomènes météorologiques extrêmes plus intenses, plus fréquents et plus imprévisibles. Lorsqu'ils ravagent des écosystèmes et des habitats déjà dégradés, ces événements peuvent rapidement se répercuter en cascade sur de multiples secteurs économiques et sociaux. La plupart des catastrophes ont une dimension environnementale, que ce soit à travers leurs causes et leurs effets ou au regard des mesures préventives qui auraient pu être prises.

7. La réduction des risques de catastrophe est une question culturelle

Les gens ont des perceptions différentes des catastrophes et réagissent différemment. Certains ne tiennent tout simplement pas compte des aléas, pensent qu'il n'est pas possible de lutter contre la nature et que les catastrophes ne peuvent donc pas être évitées. Mais de nombreuses sociétés cherchent à identifier les risques et à prévenir les catastrophes.

Les connaissances traditionnelles permettent à de nombreuses communautés d'adapter leurs constructions afin qu'elles résistent mieux aux tremblements de terre ou aux inondations.

Le tsunami de décembre 2004 dans l'océan Indien a coûté la vie à quelque 230 000 personnes dans toute l'Asie, mais sur l'île de Simeulue, située à seulement 40 km de l'épicentre du tremblement de terre, seules sept personnes ont péri sur une population de plus de 80 000 habitants. Les connaissances sur les tsunamis ont été transmises d'une génération à l'autre, ce qui a permis aux gens de survivre.

8. La réduction des risques de catastrophe est une question de genre

Dans les pays les plus pauvres, les catastrophes ont tendance à toucher davantage les femmes et les enfants. Les femmes sont plus vulnérables, car elles occupent généralement une position subordonnée dans la famille, et car elles n'ont pas la possibilité qu'ont les hommes de contrôler les moyens de production, sont moins mobiles et moins éduquées, disposent d'un accès plus limité à l'emploi et ont un apport calorique plus faible. En 2008, le cyclone Nargis qui a frappé le Myanmar a tué deux fois plus de femmes que d'hommes dans la tranche d'âge 18-60 ans. Les expériences vécues par des femmes dirigeantes peuvent donner lieu à des récits convaincants et ainsi contribuer à l'autonomisation des femmes.

Puisque les femmes sont plus durement touchées par les catastrophes, pourquoi les réponses humanitaires s'adressent-elles aux hommes et aux femmes de manière indifférenciée ?

Les statistiques sont sidérantes : Lors d'une catastrophe, les femmes et les enfants courent 14 fois plus de risques de mourir que les hommes. Sur les 230 000 personnes qui ont perdu la vie dans le tsunami de 2004 dans l'océan Indien, 70 % étaient des femmes.

Pourquoi les réponses aux catastrophes ne ciblent-elles donc pas mieux les besoins spécifiques des femmes et des enfants ?

Femmes vêtues de tenues traditionnelles entrant dans leur maison au Tchad. L'une d'entre elles porte un panier sur la tête.

9. La réduction des risques de catastrophe ne se réduit pas à des histoires de catastrophe

Les articles sur la réduction des risques de catastrophe ne doivent pas seulement porter sur les catastrophes elles-mêmes. Les journalistes peuvent également sauver des vies en parlant des risques et des dangers actuels ainsi qu'en commémorant les catastrophes passées, œuvrer en faveur du relèvement et de la reconstruction, ou soutenir toute autre mesure proactive telle que l'éducation et la transmission des connaissances traditionnelles.

10. La réduction des risques de catastrophe est une question de santé

Les systèmes de santé doivent être résilients pour fournir des soins de santé immédiats et à long terme en cas de catastrophe et pour protéger les communautés contre les risques naturels et biologiques. Rien n'a jamais illustré cela de manière aussi flagrante que la pandémie de COVID-19. L'intégration des principes de réduction des risques de catastrophe dans la conception et la construction de nouveaux établissements de santé n'est pas nécessairement dispendieuse. En fait, rendre un hôpital sûr et résilient face aux risques de catastrophe représente un surcoût de seulement 4 %, ce qui constitue un bon investissement si l'hôpital fonctionne au moment où l'on en a le plus besoin.

La réduction des risques de catastrophe relève souvent du journalisme d'investigation

Les journalistes ne se contentent pas d'annoncer les nouvelles. Ils peuvent également demander des comptes à leur gouvernement, éduquer le public et le sensibiliser à des aléas spécifiques. Ils peuvent attirer l'attention sur la vulnérabilité et l'exposition, et mettre en garde contre de possibles catastrophes. Les médias peuvent mettre en lumière la mauvaise gouvernance, la corruption, les inepties budgétaires et, bien sûr, les dangers potentiels.